Panorama sur Cergy-Pontoise depuis le belvedere de Vauréal Un poumon vert perdure dans la boucle de l'Oise
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Panorama sur Cergy-Pontoise depuis le belvedere de Vauréal Un poumon vert perdure dans la boucle de l'Oise

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Antoine DEVOUARD

Un train volant, les champs de blé et l'Axe majeur

 l'histoire folle de Cergy-Pontoise

Quand on arrive à Cergy-Pontoise aujourd’hui, on découvre une ville étudiante, des quartiers modernes, un port de plaisance, des terrasses animées, des kilomètres de promenades et même une œuvre monumentale visible depuis des kilomètres.

Pourtant, il y a un peu plus de cinquante ans, à la place de tout ça ? Des champs. Beaucoup de champs.

Cergy-Pontoise, l’histoire des villes nouvelles

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Et c’est peut-être ce qui rend l’histoire de Cergy-Pontoise aussi fascinante. Car ici, tout ou presque a été imaginé sur une feuille blanche ou plutôt sur un plan d’urbaniste particulièrement ambitieux.
Imaginez un instant : nous sommes à la fin des années 1960, Paris déborde de partout, la population augmente à toute vitesse et l’État décide alors de créer plusieurs villes nouvelles autour de la capitale. Parmi elles, une petite commune agricole du Val-d’Oise est choisie pour devenir l’un des plus grands laboratoires urbains de France.

Spoiler : personne n’imagine encore qu’un jour, des milliers d’étudiants, de familles et de voyageurs viendront se promener entre les étangs, l’Axe majeur et les ruelles médiévales de Pontoise.

 

Une ville nouvelle... au milieu de nulle part

À la fin des années 1960, Cergy ressemble davantage à un paisible village de campagne qu’à une future agglomération. On compte à peine quelques milliers d’habitants et le paysage est dominé par les cultures agricoles.
Puis tout s’accélère.

En 1969, l’Établissement Public d’Aménagement est créé et les premiers chantiers commencent à transformer le paysage. Là où les tracteurs circulaient la veille, apparaissent bientôt des routes, des immeubles, des écoles et des équipements publics.
On raconte souvent que les premiers habitants avaient parfois plus de boue autour de leur immeuble que de voisins dans leur cage d’escalier.
Autrement dit, ils vivaient dans une ville en construction permanente.

Un peu comme emménager dans un quartier flambant neuf… sauf que le quartier tout entier était encore en train d’être inventé.

La préfecture la plus futuriste du Val-d'Oise

Le premier grand symbole de cette nouvelle aventure est la préfecture du Val-d’Oise.

Symbole emblématique de Cergy-Pontoise, la préfecture du Val-d’Oise se distingue par son architecture audacieuse en forme de pyramide inversée. Conçu par l’architecte Henry Bernard et inauguré en 1970, ce bâtiment fut le tout premier édifice de la ville nouvelle. Avec ses façades vitrées, ses lignes géométriques et son impressionnant porte-à-faux, il incarne la modernité et l’ambition urbanistique qui ont accompagné la création du Val-d’Oise. Aujourd’hui encore, cette silhouette unique reste l’un des repères architecturaux les plus marquants du département.

Le train du futur qui n'est jamais arrivé

S’il existe une anecdote qui résume parfaitement l’esprit des débuts de Cergy-Pontoise, c’est celle de l’Aérotrain.
Oui, vous avez bien lu.
Au début des années 1970, un projet prévoit de relier Cergy à La Défense grâce à un train futuriste capable de circuler à près de 200 km/h. [fr.wikipedia.org]
Sur le papier, cela ressemblait à un épisode de science-fiction.
Dans la réalité, le projet est finalement abandonné.

Dommage.
Cela aurait sans doute évité à des générations d’automobilistes à méditer longuement sur l’A15 aux heures de pointe.

 

Une ville qui refuse d'être une cité dortoir

Contrairement à certaines constructions de la même époque, les urbanistes veulent faire de Cergy-Pontoise une vraie ville.
Une ville où l’on habite, travaille, étudie, se promène et se divertit sans devoir systématiquement rejoindre Paris.
Les logements poussent donc en même temps que les écoles, les commerces, les équipements sportifs et les espaces verts.
L’idée paraît simple aujourd’hui.
À l’époque, elle est plutôt révolutionnaire.

Résultat : au lieu de construire une immense banlieue-dortoir, les concepteurs essaient de créer un territoire vivant, avec sa propre identité.
Et c’est probablement ce qui explique pourquoi Cergy-Pontoise possède aujourd’hui une atmosphère si particulière.

L'Axe majeur l'endroit où tout le monde s'arrête pour prendre une photo

Puis arrive l’un des projets les plus spectaculaires de toute l’histoire de la ville.
Au début des années 1980, l’artiste Dani Karavan imagine l’Axe Majeur. Un parcours monumental de plusieurs kilomètres reliant les hauteurs de Cergy aux bords de l’Oise. [cergy.fr], [2025V6_PLA…AM_150X150 | PDF]
Douze colonnes monumentales, des jardins, une passerelle rouge, une tour inclinée et des perspectives incroyables sur toute la région parisienne.

C’est probablement l’un des plus grands secrets du Val-d’Oise.